La fac d’Alain (Universität der Künste, UdK – Université des Arts) organisait hier son traditionnel Concert des Nations, où l’orchestre symphonique de l’Université joue en l’honneur des étudiants étrangers représentés à l’UdK et pour les attachés culturels de différentes ambassades en poste à Berlin.
Au programme de cette soirée placée placée sous le signe de Schéhérazade, trois pièces : “Schéhérazade pour Soprano et orchestre” de Ravel, “Cinq pièces pour orchestre op. 16″ de Schönberg et “Scheherazade” de Rimski-Korsakov.
Si la première m’a laissée plutôt froide, j’ai trouvé les morceaux de Schönberg vraiment fourmillants, extrêment vivants – et douloureux. J’avais à son égard quelques idées préconçues sans pourtant connaître sa musique ; je m’attendais à du très abstrait, du conceptuel ; la faute à ce “dodécaphonique” (adjectif un peu barbare…) qui restait accolé à son nom depuis d’interminables heures de solfège. J’ai été en réalité profondément émue par ses pièces, qui m’ont évoqué une énergie terrienne et rampante qui pouvait à tout instant jaillir en milliers d’éclats clairs et lumineux.
Quant à Rimsky-Korsakov (là encore, que je ne connaissais que de réputation), j’ai été enthousiasmée par la richesse des couleurs et l’exploitation fabuleuse de tous les timbres de l’orchestre symphonique – au moins autant que Berlioz dans sa Symphonie fantastique et je pèse mes mots ! Je ne dis pas “fabuleuse” tout à fait par hasard car
je me suis vraiment sentie transportée dans l’univers du conte, de thèmes récurrents, répétés, rassurants, et de variations aux textures si diverses. La violoniste soliste était une très belle interprète, et -je ne sais pas si cette remarque a une quelconque valeur musicale (je ne pense pas !)- elle évoluait avec une légèreté et une grâce infinies sur son violon ; ce n’est pas un hasard si les mêmes termes me viennent à l’esprit quand je pense à elle et lorsque je revois le professeur de danse de la semaine dernière : précision, le geste tenu, maîtrisé, et la grâce, ah la grâce, inexplicable courant qui fait opérer la magie…
> Pour avoir une idée, vous pouvez écouter les pièces de Schönberg (saison 2004-2005) et la Schéhérazade de Rimski-Korsakov (saison 2003-2004) ici.
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