Semaine passée

19 06 2008

Encore une fois ce billet ne sera pas bien long ni développé, un peu fouillis et sans objet précis parce que je ne sais pas trop quoi raconter…

Les jours s’écoulent, et à mesure de leur passage il me semble avoir de moins en moins d’idées pour alimenter ce blog. Lassitude, habitude, le regard émoussé par le quotidien peut-être. Et pourtant les micro-événements ne manquent pas.

Marwil et Victor ne s’entendent pas, les tensions sont de retour. Marwil a fêté hier son anniversaire avec quelques amis autour d’une épaule de porc qu’il a ramenée de son dernier séjour dans le Baden, sa région d’origine (aux confins de l’Allemagne, de la France et de la Suisse). Kartofelsalat (salade de pomme de terre, spécialité régionale du Sud de l’Allemagne) et vins de pays pour accompagner, c’était un beau repas et les amis de Marwil tous très sympathiques. Un éditeur, une photographe / iconographe free-lance pour toute sorte de journaux, un chargé de com pour Sony music. La photographe et l’éditeur ont pris mon email, qui sait, je repasserais peut-être par Berlin plus tôt que prévu ?

Quitte à continuer sur le chapitre ripailles, en début de semaine j’ai enfin mangé le principal de mon colis d’anniversaire, à savoir foie gras et sa confiture d’oignon avec une amie finlandaise, Hannah, dont je me suis assez rapprochée ces derniers temps.

Le week-end je vois parfois une jeune fille au pair russe avec qui j’ai un cours de littérature en commun, Maria. Elle est douce, très posée, toujours prête à m’aider quand j’ai des questions sur le russe ou à parler de sa région natale, aux pieds de l’Oural, et de Saint-Pétersbourg, qu’elle connaît pour y avoir de la famille. C’est une tout autre facette de la Russie qu’elle me décrit bien souvent, au chômage omniprésent, aux salaires misérables, aux problèmes de logement rendant les situations désastreuses au sein des familles ; une Russie où le moindre papier officiel, le moindre diplôme, la moindre inscription en fac et le passage dans la classe supérieure se monnaient, se façon tue mais sue de tous. Je n’avais jamais abordé jusqu’ici le thème de la corruption avec Oleg, il n’a fait que me confirmer les dires de Maria.

Mardi dernier enfin, première répétition du choeur avec l’orchestre symphonique, dans lequel joue un de mes amis Erasmus. Tant de choristes, un orchestre, c’était grandiose. J’ai trouvé l’orchestre très, très bon, le choeur un peu moins, mais mon ami violiniste m’a assuré que le résultat était très propre. Sachant qu’il était assis à deux mètres du chef d’orchestre, je lui fais confiance, il a bien mieux entendu que moi !

Côté culture, rien de bien spécial à signaler. Pas vu de film mais fini la saison 4 de The Wire (acide, très acide… La Ville broie tout, ambitions, destins, enfants, espoirs dans une grande danse infernale dont elle semble seule détenir la clé). Des lectures tournées vers les auteurs contemporains français, des noms qui m’étaient familiers mais que je n’avais jamais eu la curiosité de lire : Beigbeder, Echenoz, Darrieussecq. J’ai redécouvert Les Particules élementaires, vraiment intéressant, j’étais totalement passée à côté lors de ma première lecture. D’Echenoz j’ai lu Les Grandes blondes, plaisant sans plus. Le 99 Francs s’est révélé amusant, d’une efficace directe. On n’en attend peut-être pas moins d’un publicitaire ; formules choc et   raccourcis percutants (ou agaçants…), pour un livre pas aussi superficiel qu’il n’en a l’air. Quant à Darrieussecq, pour le moment je n’accroche pas trop. Ça se laisse lire et ça s’oublie aussi vite. Un peu gadget, quoi.





Oleg à Berlin

6 04 2008

Ces quatre derniers jours, j’ai eu un visiteur ! Je raffole des visites, l’occasion de faire plein de tourisme, de (re)voir les choses connues sous un angle neuf ou de découvrir ce que l’on n’a pas encore vu. Sans oublier les bons moments passés avec mes amis de passage.

Oleg est donc venu pour un week-end prolongé voir Berlin. Circuit traditionnel pour le premier jour, Reichstag, Unter den Linden et porte de Brandenbourg, Alexanderplatz et Fernsehturm, Postdamer Platz et Sony Center. Petit tour dans Tiergarten, et visite du Mémorial de l’Holocauste dont je n’avais pas encore vu l’exposition permanente. Jeudi soir oblige – les musées sont gratuits et ouverts jusqu’à 22h -, nous avons passé la soirée au Pergamon à admirer les fresques du temple d’Ishtar. J’ai encore une fois été sidérée par la culture historique de mon ami… Un verre à la terrasse en hauteur du Tacheles (centre culturel qui fait figure de passage obligé lors d’un tour à Berlin) enfin, après une revue rapide des ateliers encore ouverts à cette heure de la nuit.

Le second jour a été un peu moins intensif, promenade dans Prenzlauer Berg, dégustation de Currywurst (eh oui, personne n’y échappe !), dégustation de chocolat chaud chez Fassbender &  Rausch – qui, après avoir été chez Angelina durant mes vacances m’a paru moins bon… Ah, dure loi de l’excellence ! Friedrichspassagen et Gendarmenmarkt enfin. Nous avions en tête d’aller voir un concert puisque l’un des groupes préférés d’Oleg, Gogol Bordello, jouait à Berlin ce soir-là. Malheureusement le concert s’est fait à guichets fermés, nous n’avons pas pu rentrer. On en a profité pour longer l’East Side Gallery, autre pierre blanche au circuit du parfait touriste. Soirée tranquille à la maison à regarder des dessins animés de propagande soviétique, les explications complémentaires d’Oleg s’avérant fort précieuses (sur les styles de graphismes et les techniques employées en animation en URSS par exemple, sur les références culturelles et historiques surtout).

Un peu d’innovation enfin pour son dernier jour à Berlin et excursion à Potsdam pour visiter la ville rapidement et surtout voir le château de Sans-Souci, Oleg étant très intéressé par l’histoire de cette période. Château rococo aux décors d’ors excessivement chargés, galerie de peintures présentée selon les usages du XVIIIe siècle – profusion de tableaux très serrés les uns près des autres – et comportant quelques oeuvres de grands, très grands maîtres (deux Rembrandt et un Caravage notamment m’ont frappée). Longue marche enfin dans l’immense parc du château. De retour à Berlin, petite virée sur le Ku’damm et vue de la Gedächtniskirche. Dîner dans un repas avec cuisine allemande de Bavière, nous avons pris des Schnitzel absolument gigantissimes (meme pour l’appétit pantagruélien du jeune homme), arrosées d’une bière excellente (je ne suis pourtant pas une fana de bière), Franzizkaner quelque chose, je ne me souviens pas exactement du nom.

Ce matin, réveil de bonne heure pour partir à l’aéroport. Quelques perturbations sur la ligne, rien de bien méchant.

La plus grande surprise ? Marwil, qui déteste cordialement tout ce qui vient de Russie et reconnaît sans peine avoir de gros préjugés à l’égard du pays et de ses habitants est tombé quasi amoureux d’Oleg !





Tout près du Paradis

26 01 2008

Ni titre de film ou de roman, ce sont juste les premiers mots que j’ai eu à l’esprit en me levant ce matin.

Admirez un peu le programme : mon cours magistral préféré sur l’histoire du livre en langue populaire du VIIIe au XIIIe s., puis retour dare-dare à la maison car Stefania et ses deux amies Italiennes qui résident ici pour la semaine préparent Il repas grande : pâtes à la carbonara et tiramisu – elles ont dû renoncer aux tortellini car le Signore Marwil n’aime pas ça. Tant pis s’il trouve la carbonara trop grasse, à quatre contre un il fait pas le poids !

Ma folle journée ne s’arrête pas là, après je retourne à la fac pour mon cours chéri-entre-tous de danse, puis re-retour à la maison prendre une douche et mes affaires pour aller dîner chez David, qui a un vin à marier à mes pâtés de Noël. A ce propos, il ne faut pas que j’oublie de lui demander s’il a un four, je pourrai lui proposer les soufflés aussi comme ça. A la clé, ptite séance de ciné-maison avec les dessins animés de propagande soviétique (en dégustant foie gras et un bon verre de vin à la main, cherchez l’erreur). Le tout sans contrainte de temps puisqu’on est vendredi et que les transports fonctionnent toute la nuit (voilà qui devrait inspirer les prochains élus de Paris).

Bon Appétit




Stefania

17 01 2008

Italienne, de mon âge à peu près, originaire de Trente, elle est étudiante en échange pour l’année elle aussi. En marketing de la mode. Pas encore eu l’occasion de passer des masses de temps ensemble (la faute en revient uniquement à moi, Sokurov et surtout au bonhommes Barthes – plus facile de taper sur les morts, hein !). On a dîné ensemble un soir, c’était super ; enfin quelqu’un qui aime, que dis-je, qui apprécie au plus haut point de prendre un repas en discutant, avec un verre de vin et sans se préoccuper de la composition bio ou pas, de son espérance de vie si elle ajoute de la crème fraîche et du nombre de calories par fourchette. Gott sei Dank !

Pas une masse de points communs à première vue, si ce n’est notre situation similaire en tant qu’étrangères à durée déterminée (et assassines à chaque phrase de la langue de Goethe). Cependant elle ne semble pas difficile à vivre, est plutôt calme, et on a déjà évoqué la possibilité de faire des ptites sorties ensemble. Engageant tout ceci, non ?

Dernière qualité : trois fois par semaine, elle ramène une pizza de la pizzeria où elle travaille. Une jeune fille bien je vous dis.





Dernier samedi soir rue des Grosses Baies

15 12 2007

Et voilà, la date est fixée, je déménage lundi après-midi. Avec l’aide de Mehmet (et ses cartons et ses valises). Et sans voiture… Mettre quelques bières au frais pour la récompense s’impose d’ores et déjà !

Dîner donc avec une currywurst dans le mythique Imbiss (stand de restauration rapide) “Currywurst 36″. Mehmet ne mangeant pas de porc, il n’a pas pu bien évidemment tester la currywurst et m’expliquer ce qu’elle avait de si particulier. Mais son ami Joachim qui était de passage ce week-end était en extase. Tout selon lui, de la viande de la saucisse à la sauce tomate (euh, c’est du ketchup non ? yen a des différentes sortes ?…) en passant par les frites était remarquablement bon. Pour les frites, je confirme ! Pour le reste… Une saucisse noyée dans du ketchup, honnêtement, je sens pas trop la différence.

Après ça, ptit détour par le supermarché pour acheter des keks (c’est-à-dire des biscuits), et soirée pépère dans la chambre de Mehmet à regarder des sketches de YouTube. Les garçons m’ont un peu mise à jour dans la culture humour allemand avec les films-qui-sont-diffusés-tous-les-ans-pour-le-réveillon. Bref, on a fait travailler nos zygomatiques !





Wido

5 12 2007

Wido, c’est l’étudiant allemand qui fait du russe avec moi et qui m’avait gentiment invité à sa soirée d’anniversaire samedi dernier. Hier, à la sortie du cours, il m’a proposé d’aller au cinéma (le mardi est le Kinotag, le jour du cinéma : les séances sont moins chères), comme je n’avais rien de prévu j’ai dit d’accord.

On a donc vu une comédie allemande qui a peu de chance de passer outre-Rhin, car ce n’était franchement pas extraordinaire : une femme, qui a eu quatre enfants de quatre hommes différents, décide pour Noël de réunir tout ce petit monde pour annoncer qu’elle attend un enfant de son actuel compagnon. Le hic : le compagnon en question s’est volontairement fait stériliser, prévoyant la trop grande fécondité de sa chère et tendre. Entre la dinde et le café se pose donc la question : mais qui est le père ? Tout ce petit monde s’entre-déchire et se réunit (de façon plus ou moins attendue), laissant droit à quelques gags et à un comique de situation qui était parfois assez savoureux. Bref, c’était loin d’être un chef-d’oeuvre, mais pas une catastrophe non plus.

Je ne sais pas pourquoi Wido est si gentil avec moi (et pas d’arrière-pensées possibles, sa copine, d’origine russe, était là à son anniversaire ; c’est pour elle qu’il apprend la langue), ça ne cesse de m’étonner à vrai dire.  On ne peut pas dire qu’on se connaisse vraiment, on parle pas tant que ça en cours de russe. Mais bon, c’est chouette quand même d’avoir rencontré quelqu’un d’accueillant comme ça !





Amusante rencontre

24 11 2007

Premier visiteur hier soir pour visiter ma chambre (ce qui m’a contrainte à un rangement parfait. Parfait, j’ai dit). Un Français, en master de philo à la Sorbonne, qui a fait une khâgne lui aussi, classique lui aussi, et au lycée Malherbe – il y en a quelques un(e)s à qui ça dira quelque chose!

C’est bête, j’aurais ptet dû prendre ses coordonnées, du coup à moins qu’il n’emménage ici j’ai fort peu de chances de le recroiser un jour. Ou boulevard Saint-Michel l’an prochain ?





Epidémie

17 11 2007

Il fait froid et surtout très humide. Conséquence : des malades ! En l’occurence, deux de mes professeurs – les deux cours de la semaine que j’attends avec le plus d’impatience, à savoir prof de russe et prof de danse. Dans le cas de la première, les heures ont sauté, elles seront probablement rattrapées plus tard. En revanche, la prof de danse était remplacée. Là, miracle. Un danseur, un vrai, s’est chargé du cours. Tout était parfait, chaque muscle maîtrisé, une précision d’horloger dans chaque mouvement, et cette beauté absolue à la moindre esquisse de geste. On est poussé à mieux danser avec un tel modèle… Il nous a fait faire des exercices d’une simplicité enfantine, mais j’ai le sentiment d’avoir plus appris en un cours avec lui qu’en trois ou quatre avec la professeur habituelle. Il est parti si vite à la fin du cours que je n’ai pas pu lui demander s’il donnait d’autres cours, ailleurs ; il avait disparu lorsque je suis sortie du vestiaire, je ne connais pas son nom ; un météore envolé.





Nouvelle excursion ?…

6 11 2007

Email collectif reçu hier pour un week-end à Tallinn courant janvier, j’ai donné mon accord, maintenant ça dépend du nombre de personnes qui confirment, mais j’irai donc peut-être faire un tour en Estonie (pour 50 € l’aller-retour en avion, ça vaut le coup non ?) !

Dommage que ça ne soit pas aussi simple d’aller en Russie qu’en Estonie… Tiens j’ai rencontré un Russe aujourd’hui à la fac, jeune homme fort civilisé il m’a offert un café ; si j’excepte les Français qui se paient les cafés les uns les autres à tour de rôle, c’est la première personne à Berlin à m’inviter ! Jeune homme fort sympathique au demeurant, a vécu à New York, Saint-Petersbourg, Moscou, et parle un allemand parfait. Et au prochain semestre, il est à Dubai. Je rencontre plein de gens ici qui ont mon âge à peu près et déjà tant de voyages ou de longs séjours à l’étranger dans leurs bagages, c’est vraiment passionnant. D’autant plus quand ils se mettent à parler avec un regard totalement frais et enthousiaste sur des choses qui me sont si familières (comme Notre-Dame ou la Comédie-française), comme si elles prenaient une couleur nouvelle, pour moi aussi.

Couleur nouvelle, tiens donc, le thème du concours d’écriture du CROUS cette année est “rouge”. L’occasion de parler de Russie ?…

Et Oleg viendra sûrement à Berlin début décembre, j’ai hâte hâte hâte de lui faire visiter ! Berlin à l’approche de Noël devrait être joli en plus. Avec un peu de chance il sera là assez tôt pour le festival du film russe, j’ai vu une affiche dans le métro ce matin.





Petites soirées entre amis

25 10 2007

Régulières retrouvailles ces derniers jours avec les étudiants de mon ancien cours de langue ; un verre dans un café où jouait un guitariste (reprises de chansons pop, bof), un dîner improvisé dans une cuisine étroite où nous étions une vingtaine, une soirée tranquille hier soir, assis par terre à discuter dans une chambre glaciale (je ne suis pas la seule à être frigorifiée !!).

Enfin par terre, j’exagère un peu, David et moi avons annexé le canapé et la table basse (du coup, j’ai pas beaucoup parlé allemand, une fois de plus…).