Déception

30 04 2008

Il y a quelques jours, on m’a proposé de d’avoir un petit boulot dans une bibliothèque que je fréquente régulièrement. Ce matin, toute pimpante avec mon dossier de candidature, j’ai appris que la place avait déjà été pourvue… Ça m’apprendra à manquer de “réactivité” comme on dit…

La coloc est un peu tendue en ce moment, Marwil et Stefania passent une heure par jour à se crier dessus, j’appréhende un peu à l’idée de rester demain toute la journée entre eux deux à la maison. Le temps ne se prête pas à travailler dehors (trop frais), les biblis / facs seront fermées.

Je me suis remise à faire de la flûte, ça faisait bien longtemps… Pour jouer mes parties de chant d’abord – quel traître ce Brahms, il module à tour de bras et du coup je suis toujours en faute quelque part – et puis finalement juste par plaisir, essayant de me rappeler des sonates d’autrefois.

Comme pour les lectures, reprendre des choses déjà lues et qui m’avaient marquées. Pour la fac il me faut me pencher sur La Nausée et sur Le Maître et Marguerite (Bulgakov). En ce qui concerne La Nausée, plus j’avance et plus se superpose à ma lecture d’aujourd’hui celle d’il y a quelques années, je me souviens de passages que j’avaient soulignés, certaines phrases qui s’étaient imprimées dans un coin de mémoire. Mes premiers élans me semblent souvent bien ineptes, et je prends un peu plus à chaque page conscience de ce que j’ai manqué lors de ma première lecture. Enthousiasme oublié face à ce livre qui rendait imprimé ce qui me tracassait de façon plus ou moins claire au moment où je l’ai lu, comme d’une rencontre, d’une vibration, d’une complicité. Je relis et me souviens de ce qui m’avait étonnée, touchée, ce en quoi je me reconnaissais, je me revois à la troisième personne, assise sur un petit lit, à Barnstaple, à lire La Nausée parce qu’une fois après avoir dîné et m’être lavée je ne savais jamais quoi trop faire.

Pour Le Maître et Marguerite, il n’était pas même question d’une lecture manquée ; je suis complètment passée à côté, je ne l’ai pas compris. Je redécouvre ce roman avec une fascination admirative et un plaisir intact. Sans parasites existentiels. (?)

Tant que j’y suis, quelques mots sur les cours que je suis. Du russe presque tous les jours, pour la communication surtout car les points de grammaire n’ont pour le moment rien introduit de nouveau. Mais il est important d’avoir des bases solides et comme j’ai l’opportunité de faire beaucoup d’oral (ce qui, en France, me semble nettement moins évident…), j’en profite. Un séminaire sur la figure du diable en littérature à travers trois exemples nationaux : littérature germanique (Goethe), soviétique (Bulgakov) et américain (Norman Mailer). Un autre porte sur La Nausée. Un cours sur la beauté dans la littérature française contemporaine, l’occasion de voir comme l’université allemande est beaucoup moins enfermée dans un canon. qui imaginerait un cours magistral mêlant Beigbeder, Nothomb, Darrieussecq ou Virginie Despentes à Paris ? Je ne dis pas que c’est mieux. Peut-être une bouffée d’air frais et l’occasion pour moi de quitter mes préjugés sur des auteurs pour lesquels je n’ai, a priori, pas grande estime. A tort, probablement. Ce qui m’embêterait plus, c’est que le cours ne s’intéresse qu’à des aspects anthropologiques / sociologiques dans les oeuvres concernées, sans les “lire” véritablement. Ah, on aura beau dire, les études sont vraiment un moment où se forment nos inclinations et nos rejets,nos habitudes et de bien nombreux critères… Quoi que je fasse Fénelon revient d’une façon ou d’une autre. C’est parfois bien inquiétant, comme une rigidité en soi que l’on combat difficilement. Et pourtant, que de fois j’ai eu des mouvements de hauteur, de rage lors de ces cours si différents de ceux qu’on connaît en France, les qualifiant intérieurement de superficiels, inutiles, bavards et sans intérêt. Je m’éloigne.

Un cours formidable à signaler, sur l’énumération en littérature. Ça peut paraître très rébarbatif (et de fait c’est un cours magistral à quinze étudiants…) mais en réalité la prof est tout simplement passionnante. D’une culture immense et toujours en interrogation. Avec toujours la démarche du texte en avant, la critique restant en arrière-plan, éclairant parfois les écrits, mais toujours subordonnée, toujours secondaire, elle n’est pas l’objet de la réflexion, enfin ! Que c’est rafraîchissant.





Les ailes du désordre : référendum pour Tempelhof

28 04 2008

Dimanche de référendum hier à Berlin. Au centre du débat : le maintien ou non du traffic aérien dans l’aéroport de Berlin Tempelhof. Lieu historique du pont aérien des forces alliées lors du blocus de Berlin-ouest de 1948-1949 au sujet duquel le maire de la ville, Klaus Wowereit (SPD, parti socialiste allemand), avait déclaré il y a quelques mois son intention de le fermer pour développer l’aéroport de Berlin-Schönefeld. Les Berlinois, divisés, ont réclamé un référendum. La campagne d’affichage dans la ville tout au long des dernières semaines a été très féroce.

A noter : jusqu’à ce jour, Berlin compte trois aéroports. Tempelhof, en plein centre ville, moribond malgré sa portée symbolique, Tegel, minuscule et proche du centre, et Schönefeld enfin, qui est pour le coup fort éloigné de la ville mais a en conséquent de l’espace pour prendre de l’ampleur. Berlin souffre en effet de la petite envergure de ses liaisons aériennes : peu ou presque pas de vols intercontinentaux, les transferts à Francfort ou Munich étant la règle. Un peu gênant pour la capitale d’un pays membre du G8. Peut-être que la présence d’un aéroport à dimensions vraiment mondiales donnera un peu d’élan à l’économie berlinoise, qui en a bien besoin : le taux de chômage ici avoisine les 20 %.

Toujours est-il qu’un référendum d’initiative populaire a eu lieu hier ici, pour la première fois dans l’histoire de Berlin. Résultat ? Peu d’électeurs se sont mobilisés ; ceux allés voter sont en grosse majorité les défenseurs de Tempelhof. Un désaveu de la politique du maire à hauteur de 25 % de la population berlinoise était attendu pour infléchir la fermeture de l’aéroport ; il n’atteint que 21 %. Schöneberg devrait donc être étendu et l’immense terrain laissé vacant dans le centre de la ville devrait devenir un parc. Certains parlent de centre commercial, je ne suis pas trop sûre des sources.

Pour en savoir plus, les articles (en allemand) du Berliner Zeitung, du Zeit, du Welt.

Tempelhofretter

Sauveur de Tempelhof !
Le pouvoir de décider vient du peuple.

J’ai donc accompagné Marwil lorsqu’il est allé exprimer sa voix. Le bureau de vote se tenait dans l’école primaire la plus proche, rien de bien dépaysant jusqu’ici. Les différences avec le système français s’annoncent pourtant vite : un bureau de vote en vérité dans plusieurs classes. Selon son lieu de résidence, on change de salle. Le découpage administrative est ou bien très maillé dans le quartier (un pâté de maison = une salle ?) ou bien un seul bâtiment recouvre une surface d’électeurs plus importante ; je pencherai plutôt pour la première hypothèse, Marwil m’ayant assuré que pas un citoyen n’avait à faire plus de trois minutes à pieds pour se aller voter mais surtout qu’il n’avait jamais au grand jamais eu à faire la queue pour laisser son bulletin. L’efficacité ou le sens du devoir, je ne sais pas trop sur le compte de quoi mettre une telle organisation. Le processus en lui-même paraît nettement moins codé qu’en France : pas de carte électorale mais une convocation arrivée quelques jours plus tôt par la poste et laissée à l’arrivée en échange d’un bulletin où il convient de faire une croix, caché derrière un gros cube de bois à une face ouverte posé sur une table. Ceci fait, on met gentiment son bulletin dans l’urne comme on le mettrait dans une poubelle, pas d’assesseur, pas de “peut voter, a voté”, et c’est plié ! Le tout n’a pas duré plus d’une minute trente. Je suis un peu déçue. Certes, nettement moins de décorandum qu’en France et rapidité bien plus grande ; mais en même temps, le geste perd en solennité, le sentiment d’oeuvrer pour la République se dilue un peu.

Expliquant un peu la façon française, il a été amusant de voir que le même point a chatouillé Marwil et Oleg, qui avait assisté au premier tour des municipales en France : le fait que le citoyen français jette dans une corbeille les bulletins inutilisés, ce qui rend moins secret le vote des prédécesseurs.

“Je paierai vraiment pas pour un aéroport VIP.”
Non ! au maintien du service aérien à Tempelhof





Impôt surprise

7 04 2008

Reçu hier une lettre m’enjoignant de payer une redevance audiovisuelle ; je n’ai pourtant pas acheté de récepteurs d’aucune sorte. C’est qu’ici on s’inscrit soi-même, volontairement, pour payer la redevance. Marwil m’enjoint d’ignorer. Une petite discussion s’ensuit au sujet des impôts et autres taxes obligatoires.

Hundesteuer

Le plus surprenant étant qu’il existe en Allemagne un impôt sur… les chiens. A Berlin, le montant s’élève à cent vingt euros annuels pour un chien, cent quatre-vingt par chien supplémentaire (si j’ai bien compris. Source : site officiel de la ville de Berlin). La finalité ? D’une part que les autorités disposent de statistiques vétérinaires fiables, d’autre part que les sommes perçues compensent les saletés que ces bêbêtes infligent au mobilier public. Ce n’est certes pas l’impôt sur les barbes que Pierre le Grand infligea aux boyards réticents à l’occidentalisation, mais dans le registre des taxes incongrues celle-ci n’est pas mal non plus !

Ich war’s nicht : C’est pas ma faute !





Berlin, le retour

6 04 2008

J’avais quitté Berlin un peu aigrie contre la ville, mon colocataires, râlant et me plaignant beaucoup. Après quatre semaines en France entre Paris et Normandie j’apprécie mieux maintenant certaines qualités de Berlin que j’avais oubliées ; la décontraction générale, la créativité d’une ville sans cesse en mouvement malgré les difficultés économiques, le calme aussi de cette métropole qui vit au rythme d’une grosse ville de province. Prendre son temps, avoir à chaque instant une surprise (un graffiti, une galerie qui vient d’ouvrir, un magasin qui ferme et trois autres en travaux) restent des biens précieux… Me voici en de fort bonnes dispositions pour le début du second semestre !





Victoire !

2 02 2008

Pour la première fois j’ai réussi aujourd’hui une complète diagonale de tours piqués (à droite, car à gauche c’est pas encore ça…), avec les huit derniers temps en déboulés sans tomber dans le décor ! Hourra !

Rien à voir, mais Stefania a fait un super dîner ce soir ; non pas les lasagnes prévues, plutôt une sorte de gratin, mais c’était très bon quand même. Et du tiramisu. Ce dessert commence à me plaire !

Dans le registre exclamatif, Marwil et moi avons concocté un joli mot ce soir : “Eimerkettenbaggersführersausbildungszertifikatzstampeltintekissen” (grossièrement traduit : ‘encrier pour tamponner le certificat de formation de conducteur d’excatatrice à chaînes à godets’). Tout ça parce qu’il m’expliquait comment installer convenablement unsac plastique dans le seau (der Eimer, -) de la poubelle. Mon dictionnaire avait l’élégance de contenir Eimerkettenbagger (l’excavatrice à chaîne à godets), nous avons juste un peu développé le concept. L’allemand parfois c’est presque rigolo.





Un homme avisé

27 01 2008

Marwil reçoit sans arrêt toutes sortes de choses par la Poste : paquets de toutes les tailles et de toutes les couleurs, lettres, CD dans des enveloppes à bulles, publicités, journal. Hier, un magazine un peu particulier est venu remplir lui aussi la boîte à lettres : Test.

Test est une institution, la pierre angulaire de chaque ménagère qui se respecte. Test est le magazine des consommateurs sages, conscientieux, professionnels. Le grand frère de 60 millions de consommateurs. La différence entre les deux tient à l’énorme pouvoir dont jouit Test face à son alter ego francophone : si vous vous promenez dans un rayon de supermarché, vous remarquerez très régulièrement la présence sur l’emballage des produits d’un petit label portant le nom du magazine et un chiffre entre parenthèses. Ce chiffre est, vous l’aurez deviné, la note attribuée au produit par la Fondation des tests sur les marchandises (l’organisme qui publie le magazine). Il est accompagné d’un mot, le plus souvent “Gut”, la plus haute qualification je crois à laquelle peut prétendre un produit. Absolument rien à voir avec les fantaisistes appellations “Produit de l’année” qu’on peut trouver sur le marché français.

Rien d’étonnant à ce que ce magazine ait acquis une telle audience ici. Marwil le lit comme une Bible et en conserve chaque numéro. Test est consacré aux produits de consommation courante ; il est décliné en plusieurs formules, l’une pour les placements financiers (Finanztest) par exemple. On trouve d’autres périodiques du même type, comme Öko-Test. Je ne suis pas trop sûre du contenu de ce dernier.

Tous ces journaux font partie de ce qui en Allemagne génère le plus de revenus en matière de librairie : les Ratgeber, ces ouvrages qui vous conseillent et vous aident à “vivre mieux”, ou à vous approprier les gestes, les us et les secrets des professionnels. Ah, les professionnels. Notion clé ici, caste à part, les “Profis” sont les représentants du savoir-faire, de la compétence. Être un Profi dans chaque situation, telle est à peu près l’ambition de l’Allemand moyen telle qu’elle peut être sentie à travers les rayons des librairies. C’était déjà une obsession chez Joseph, chez Marwil c’est encore pire, il y a une brosse dédiée pour nettoyer les différentstypes de casseroles et autres poëles

Cette volonté de tout faire parfaitement, à fond, a aussi ses aspects exagérés ; comme cet article du Berliner Zeitung (quotidien plutôt de gauche au ton et à la formule très magazine, un peu comme un Libé) qui expliquait comment ranger sa bibliothèque. La parole mise en avant était celle d’un docteur en mathématiques qui démontrait avec force pédagogie qu’il fallait mieux ranger progressivement ses étgaères en partant du haut à gauche (“pour notre oeil plus confortable car sens de lecture à l’occidentale”), et qu’au fur et à mesure les livres seraient tous rangés. Ouf. On y serait pas parvenus tous seuls.

Les professionnels du marketing, euh, ne s’y trompent pas. Le vinaigre le plus réputé au monde est le vinaigre balsamique de Modène?  A peu près tous les vinaigres se réclameront “balsamico” et “di Modena”. Même le mien, acheté quelques euros chez Lidl et qui n’a rien, absolument rien à voir avec le véritable or de Modène.





CinemaxX am Potsdamer Platz

24 01 2008

Quelques particularités d’Outre-Rhin dans la pratique de l’”aller au ciné”.

CinemaxX

Une fois par semaine, le cinéma coûte moins cher : lors du Kinotag (“jour du cinéma”). Il change un peu selon les salles, mais en général c’est le mardi. Le mardi est moins cher, mais les séances du jeudi (!) au dimanche sont surtaxées. Chapitre tarifs, d’autres surprises sont à la clé : le bonus à payer pour les films dépassant la durée réglementaire ou encore légère variation selon le fauteuil attribué. Les sièges en haut de salle coûtent ainsi plus cher. Le présupposé est bien que le spectateur est placé : le ticket comporte rangée et numéro de fauteuil. Visiblement les gens mettaient un point d’honneur à respecter les coordonnées qu’on leur proposaient. Alors que le milieu et le haut de la salle sont restés relativement peu remplis, les rangées inférieures étaient beaucoup plus peuplées. Curieusement c’est à la Bibliothèque Sainte-Geneviève que j’ai alors pensée ; je me suis sentie bien loin de ses numéros de place dont personne ne tenait compte…

Moment de surprise aussi lorsque Dmitrij et moi avons constaté qu’une majorité de spectateurs avaient une boisson dans les mains. Rien de si étonnant que cela en soi. Juste qu’il s’agissait presque uniquement de… bière. Lui comme moi sommes plutôt habitués à voir des Coca et autres Sprite. Si ça c’est pas un cliché beau comme un camion, l’Allemand et sa blonde dans les salles obscures !





Schultze gets the blues

18 12 2007

Pour ma seconde première soirée chez Marwil, je fais usage de la télévision ultra géante qu’il s’est achetée depuis ma première venue. Pour regarder le film dont la bande-annonce est ci-dessus. Un très beau film, émouvant, tout en plans fixes. La photographie est juste sublime, chaque image fait preuve d’un grand soin sans jamais recourir à la moindre sophistication. L’acteur principal est un cartoon à lui tout seul, ses mimiques, pourtant minimalistes, sont très expressives – et drôles.

Un film plein d’humanité, d’amour, de tendresse.
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Dernier samedi soir rue des Grosses Baies

15 12 2007

Et voilà, la date est fixée, je déménage lundi après-midi. Avec l’aide de Mehmet (et ses cartons et ses valises). Et sans voiture… Mettre quelques bières au frais pour la récompense s’impose d’ores et déjà !

Dîner donc avec une currywurst dans le mythique Imbiss (stand de restauration rapide) “Currywurst 36″. Mehmet ne mangeant pas de porc, il n’a pas pu bien évidemment tester la currywurst et m’expliquer ce qu’elle avait de si particulier. Mais son ami Joachim qui était de passage ce week-end était en extase. Tout selon lui, de la viande de la saucisse à la sauce tomate (euh, c’est du ketchup non ? yen a des différentes sortes ?…) en passant par les frites était remarquablement bon. Pour les frites, je confirme ! Pour le reste… Une saucisse noyée dans du ketchup, honnêtement, je sens pas trop la différence.

Après ça, ptit détour par le supermarché pour acheter des keks (c’est-à-dire des biscuits), et soirée pépère dans la chambre de Mehmet à regarder des sketches de YouTube. Les garçons m’ont un peu mise à jour dans la culture humour allemand avec les films-qui-sont-diffusés-tous-les-ans-pour-le-réveillon. Bref, on a fait travailler nos zygomatiques !





Toussaint

1 11 2007

La Toussaint à Berlin n’est pas fériée. La décision de chômer ou non ce type de jour revient à chaque Land. Ici, les profs se moquent gentiment quand on leur demande – le 1er novembre, ne pas travailler ? c’est bon pour les grenouilles de bénitier de Bavière et du Würtemberg.

La perception du Sud de l’Allemagne ici est vraiment particulière, sentie comme une part indépendante du pays, avec ses coutumes propres, son mode de vie – et sa concentration de richesses. J’en ai toujours entendu parler comme d’un lieu autre, avec un fort contraste entre l’”ici” et le “là-bas”.