The Wire

7 06 2008

Pas fait grand-chose ces dernières semaines si ce n’est regarder quasiment quotidiennement une série américaine, The Wire. La première saison m’avait enthousiasmée pour sa rigoureuse structure tragique, la seconde s’est révélée plus déroutante, intrigue tentaculaire et fils très enchevêtrés. Après avoir vu la troisième saison, j’ai compris que finalement les procédés importaient peu : ce qui rend la série si incroyablement passionnante c’est sa dimension balzacienne, l’univers développé fabuleusement riche, traversé de drames et d’interrogations, sa galerie de personnages, de figures, son ambition à capter les manifestations d’une époque (l’immédiat après 11-Septembre) dans un espace restreint (la ville de Baltimore aux Etats-Unis) où se jouent les ambitions des uns, les désirs contrariés des autres dans une grande comédie d’où l’homme ne sort pas grandi.

Tout commence à Baltimore, ville rongée par la drogue et le crime. Après une affaire de meurtre à première vue comme une autre, un gigantesque dossier se révèle ; l’organisation des trafiquants, difficultés des policiers à les cerner car les intérêts des uns se heurtent souvent aux consignes de supérieurs. Le deuxième “volume” de la série s’attache au port de Baltimore, autre forme de trafic, autre forme de survie pour des hommes acculés à la misère, abandonnés par le pouvoir politique. Sans surprise c’est aux sphères dirigeantes de la Ville que s’intéresse la saison trois, revenant sur le terrain de la drogue et de l’argent que son trafic génère. Si les trois premiers volumes peuvent être vus comme la Grandeur et décadence d’une famille, que dis-je, d’une dynastie, celle des Barksdale, il serait pourtant trop réducteur de s’en tenir à cela. Au-delà des destins individuels et collectifs, c’est à une véritable réflexion aux aboutissants politiques et sociaux très concrets que nous invitent les auteurs de la série : ébahissante tentative de “compromis de citoyenneté” dans la troisème saison pour tenter de trouver une nouvelle approche entre les rapports police-trafiquants qui rende enfin la Ville à ses habitants (et non aux bandes de gangsters qui la gangrènent) tandis que la saison quatre se penche sur les très jeunes, le moment où l’institution scolaire a chaque jour à combattre contre la tentation de la rue qui guette chacun des enfants. Je ne suis pas encore assez avancée dans cette saison pour pouvoir en parler, mais je suis presque sûre que les scénaristes ne laisseront pas lettre morte quelques projets et idées d’amélioration du système éducatif dans les quartiers difficiles.

The Wire, peut dès lors être presque considéré comme un espace expérimental, un laboratoire social, le lieu d’un vaste jeu entre mesquinerie humaine et quête d’un vivre ensemble. Paradoxalement, c’est aussi je crois un formidable appel à la puissance du politique qui, aussi faible, corrompu et aux intérêts aux liens lâches avec ceux des citoyens, est encore le seul à pouvoir nous sauver.

Aperçu avec le générique de la saison 4





Falafel et DVD

15 04 2008

Flemme de Marwil à faire à manger hier soir ; il a voulu prendre un falafel chez l’excellent Libanais du coin (Babel, Kastanienallee un peu après la Schwedter Str. en remontant vers la station Eberswalder Straße), je me suis laissée convaincre et on y a été ensemble. Bon moment à papoter en grignotant, je me suis couverte de sauce, décidément j’ai pas encore la technique. Après ça retour à la maison pour voir la fin de Heat que nous avions commencé à regarder la veille aux alentours de minuit sans avoir remarqué que le film en question durait trois heures ! Nous nous étions donc arrêtés en route. J’ai été très favorablement impressionnée par Heat d’ailleurs. Un film d’action qui commence comme un peu n’importe quel film d’action et qui se mue au fur et à mesure en une sorte de réflexion métaphysique sur la nature humaine ; bon et puis Robert de Niro et Al Pacino réunis, je fonds !





L’Arche russe (Русский ковчег), Alexandr Sokurov, 2002

31 03 2008

L’histoire mondiale du cinéma connaît bien déjà un bateau russe, un cuirassé qui révolutionna l’art du film autant que l’avenir d’un pays ; cette arche-ci glisse, protégée par un écran de fumée, sur des eaux glacées.

“J’ouvre les yeux et je ne vois rien. Je me rappelle juste un grand malheur. Tout le monde tentait de s’échapper”.
Une arche, un pays en déliquescence, une zone préservée de mémoire, hors des bouleversements de l’histoire qui pourtant transparaît au détour d’une porte, d’un glissement sur le parquet ciré du palais de l’Ermitage ; une pièce aux fenêtres déformées, le rude hiver du siège de Leningrad.
Succession à la direction du musée, un homme, son père et le prédecesseur de ce dernier, les deux anciens tentent sans succès de parler, de prévenir le dernier, conversation sans dialogue, car “si l’on connaît toujours le futur, personne ne connaît le passé”.
Le film s’ouvre sur des personnages en tenue de soirée qui s’engouffrent dans le palais, et l’interrogation de la voix, “Où suis-je? Au vu des habits, nous sommes au XIXe siècle. Où courent-ils donc tous?” Une heure et demi de fuite en avant dans le temps, dans l’histoire de la Russie, dans les salles du palais impérial, dans la reconstitution d’une grandeur irrémédiablement perdue, tout à la fois exaltée par le regard du cinéaste et moquée par le seul personnage à l’écran, le marquis de Custine (Sergei Dreden), diplomate européen avant d’être Français se gaussant de l’art et de la culture russe.
Le musée, dernier lieu de conservation des temps et des histoires, de l’art et de la culture qui font la grandeur d’une nation ; discrète apparition de Pouchkine, une remarque de Custine sur les beaux cheveux des écrivains.
Les tsars se succèdent, scènes plus ou moins imposantes, du dernier repas des Romanov au palais d’Hiver à une représentation donnée en l’honneur de Catherine en passant par une colère de Pierre le Grand ou la délégation perse s’excusant pour la mort d’un diplomate russe qui n’est autre que Griboedev. Glinka est évoqué par sa musique et son nom est prononcé ; tandis qu’on l’applaudit sans fin à l’écran, la musique reprend, menée par le chef du théâtre Mariinski.
Femmes virevoltantes, robes soyeuses, rivières de perles et décorations militaires envahissent à perte de vue les salles magnificentes de l’Ermitage.
Les personnages pourtant, la voix (celle de Sokurov, le réalisateur) et surtout la figure de Custine, tel le Virgile de la Divine Comédie, nous entraînent dans un voyage en apesanteur dont le point d’aboutissement est le dernier bal avant l’oubli, la dernière explosion d’opulence avant que, tandis que les salles de réception puis le grand escalier se vident, l’arche n’erre pour de longues, très longues années, protégée par un écran de fumée, sur des eaux glacées – qui sait, celles du Léthé?
Une rencontre qui n’a pas lieu, la Russie et l’Europe, Sokurov développe ce point dans la très belle interview donnée aux réalisateurs du making-of ; amour de la Russie pour l’Europe et froideur, distance voire arrogance de cette dernière envers ce pays qu’elle ne comprend pas, qu’elle refuse de connaître.
Une femme parle au tableau, esquissant des mouvements de danse, les bras ouverts, les bras offerts.
Longs arrêts devant des peintures, des pièces du musée qui suscitent l’admiration ou l’ironie de Custine tandis que la voix, le Je, la Première personne, la Caméra, l’Oeil-narrateur infléchie en apartés quasi-monosyllabiques les impressions laissées par les oeuvres ; un mouvement de caméra, frôlant, étirant la toile et les objets représentés en dit plus que les plaisantes paroles du marquis. Sokurov donnera à sa fascination pour la peinture une autre dimension dans “Mère et fils” (Mat’ i cyn). Les jeux de lumières rendant les éclairages tour à tour chaud et mélancoliques, intimistes ou spectaculaires ne sont pourtant pas innocents dans la composition de quelques images de toute beauté : la fuite de Catherine II dans un jardin enneigé est ainsi l’un des moments forts de cette plongée.
C’est à une nouvelle expérience de cinéma à laquelle nous invite ce réalisateur une fois encore ; si la prouesse technique de réaliser l’intégralité du film en une seule prise, en un seul plan-séquesse a fait la notoriété du film, son intérêt réside toutefois bien ailleurs ; aspiré par les figures, les couleurs et les pièces entrelacées du palais, on ne quitte cette arche que comme on quitte un rêve.

Quelques images pour vous donner un aperçu – bien que la bande-annonce insiste un peu trop à mon goût sur les aspects de production (certes exceptionnels) du film :





Ces derniers jours

20 02 2008

Vu Mémeth jouer sa pièce dans un théâtre (enfin, une pièce) minuscule, une trentaine de places assises, dix spectateurs. Heureusement que je connaissais quelques morceaux du florilège de poèmes et autres extraits littéraires qu’il m’avait expliqués du temps des Grosses Baies, sans cela j’aurais été bien perdue. Un peu déçue par le fait qu’il soit rentré dare-dare chez lui après la représentation, j’aurais papoté un peu ça faisait un sacré moment qu’on ne s’était pas vus… En avril, sûrement.

Hier, cinéma avec un ami qui repart bientôt en France et reste au pays pour le second semestre. On a été voir There will be blood ; c’est long (deux heures et demi), parfois même longuet, mais lorsque le générique a retenti bon sang j’ai eu le sentiment d’avoir vu un de ces grands films qui touchent au mythe, de la volée d’un Parrain bien que ce soit très différent. Dans l’Amérique du début du vingtième siècle, un homme tente de faire sa place dans l’exploitation naissante de pétrole, fresque sur le mode grandeur et décadence mais toujours strictement vu à l’échelle du héros, sans évocation de la grande histoire qui se passe aux portes du désert où les puits de pétrole s’enfoncent de plus en plus profondément. Un héros grand et minable, retors et touchant, ignoble et impressionnant tout à la fois. Bref, un film ambitieux, un coup de maître.





“Alexandra” (A. Sokurov) au Kino Krokodil

12 02 2008

Après le bon goûter en terrasse, j’ai été au cinéma. Il s’agissait d’une séance que j’avais soulignée de rouge dans mon agenda et pour cause : le réalisateur, Alexandre Sokurov, dont le Jour de l’éclipse puis Père et fils m’ont récemment subjuguée, était susceptible d’être présent lors de la projection de son dernier opus, Alexandra, en marge de la Berlinale où il devait assister à d’autres films. Le Maître, comme on l’appelle, n’est malheureusement pas venu. Dommage, comme toute groupie qui se respecte j’avais stylo et DVD à faire dédicacer dans mon sac…

La salle où se passait la projection valait à elle seule le coup d’oeil. Projecteur ronronnant dans l’entrée, où se trouvent quelques rangées de sièges pour les impatients, les trop en avance. Le long des murs, une exposition de dessins d’Eisenstein qui, ô suprise, sont légendés par l’auteur en français (“L’amour qui n’ose dire son nom”). Le plus beau reste tout de même la salle elle-même, une soixantaine de fauteuils datant au moins de la DDR, vieux fauteuils à roulettes qui tournent sur eux-mêmes. Les murs fatigués mais tendus de rouge (ou de brun ? ma mémoire vacille) comportent des photographies de cinémas russophones ; dans l’ex-Berlin Est peut-être ? Ou tout simplement au coeur de l’ancien bloc soviétique ? Devant l’écran se tient un piano, un quart de queue au couvercle entrebâillé, au clavier rafistolé, comme une vieille princesse qui refuserait de se séparer de ses fourrures, aussi mitées et élimées soient-elles. Un lieu un peu hors du temps, un peu magique. Le nom lui aussi prête à rêver – Kino Krokodil.

Le film se concentrait sur une vieille femme, l’Alexandra Nikolaevna du titre, qui rendait visite à son petit fils, Denis, dans le camp militaire où il est officier. Sans jamais être nommé, c’est le conflit tchétchène ou ingouche qui se déroule en arrière-plan, guerre refoulée par le pouvoir et la population russe et qui n’en finit pourtant pas moins de bouleverser les vies. Chez Sokurov pourtant, les lieux ne sont pas porteurs de localisation, bien plutôt des espaces métaphoriques (le désert lunaire du Jour de l’éclipe, la ville rêvée de Père et fils, composée à partir de plans mêlés de Saint-Pétersbourg et de Lisbonne) ; ce n’est aussi peut-être pas une guerre ponctuelle qui se veut le sujet du film, mais toute guerre, dans les modifications profondes et irréversibles qu’elle inflige aux individus, aux lieux, aux rapports humains. La vieille femme, porteuse d’une philosophie millénaire, déambule dans les travées des tentes, échange quelques mots avec les soldats, risque une échappée jusqu’à la ville la plus proche pour leur rapporter des cigarettes et quelques gâteaux secs et se lie là-bas d’amitié avec une habitante du coin. Images saisissantes d’immeubles détruits, de regards tour à tour éteints, hostiles, secrets, murés dans un silence peut-être haineux. Alexandra est la seule figure féminine dans ce campement, une figure maternelle pour tous ces soldats encore si jeunes, englués dans une idéologie mal assimilée et seulement capables de tuer. Alexandra Nikolaevna a du mal à se déplacer, elle souffre de la chaleur de ce désert où les hommes ne sont que des enfants même s’ils ont une odeur d’adulte. Ni pamphlet ni fable, à travers des mains qui se tendent, des regards qui s’évitent ou se cherchent, c’est le lien brisé entre des générations qui ne se comprennent plus que Sokurov dépeint, ce que défait toute guerre en créant les ennemis, les valeurs (la question qui revient à plusieurs reprises : Mais qu’est-ce que la patrie?). Alexandra Nikolaevna n’est pas simplement un personnage-prétexte pour rendre possible un propos possible, non, elle est, grâce à son interprète, un bloc d’humanité, de maternité, de cet amour que les gamins en uniforme n’ont pas reçu depuis longtemps ; la Mère Russie, peut-être, qui regarde longuement ses enfants, et s’inquiète pour eux.

Morceaux choisis du film.





Ici et là

5 02 2008

La fin de semestre approche, et moment où la plupart des étudiants donnent un ultime coup de cravache avant leurs partiels, la tension se relâche de mon côté puisque je n’ai qu’un devoir écrit presque déjà fait à rendre et que tous mes oraux sont désormais derrière moi. Il me reste juste à assister aux cours pour les valider.

Du coup, j’en profite pour sortir, prendre l’air (le soleil brille !), voir des gens.  Ou pour jouer aussi, comme samedi dernier chez David. Jeu du loup-garou (en allemand s’il vous plaît), jeux de groupes, jeux de cartes. Il y avait bien, bien, bien lontemps que je n’avais pas fait de jeux de société, et sans mes partenaires habituels (manman, Cécile…) le dépaysement était total ! Je me suis bien amusée en tous cas, et puis j’ai rencontré une Finlandaise et un Français étudiants en Lettres qui étaient très sympathiques.

En ce qui concerne la poursuite du week-end, j’ai vu un film de Bertolucci, The Dreamers (Les Innocents) qui m’a bien déçue. au début c’était plutôt mignon, Paris carte postale de la fin des années 1960, et puis la Cinémathèque d’Henri Langlois, et puis la Nouvelle Vague, et puis toutes ces références de ciné qui servent de langage commun à tout un tas de gens forts différents les uns des autres. Mine de rien, qu’est-ce qu’il peut être jouissif de reconnaître des clins d’oeil, de “comprendre” les citations, aussi appuyés et montrés du doigt puissent-ils être. Dans un sens, le film commençait comme un hommage à ce cinéma-là ; pourquoi pas, il y a de quoi s’attendrir. Et puis, et puis, Bertolucci a repris ses mauvais défauts et le reste s’est poursuivi dans une espèce de complaisance sur le thème plutôt rebattu de “la chair est triste”, putréfaction dans un grand appartement parisien de la relation entre trois jeunes gens (Louis Garreeeeeeeeeeeeeeeeeel), boh, rien de très excitant ou même de touchant. Le salut (?) vient de la rue (ou comment le deus ex machina prend la forme d’un pavé), des événements de mai, ben tiens.

Mieux, plus positif : j’ai commencé Anna Karénine ! Ah quel bonheur, je n’arrive plus à lâhcer ce livre, j’y pense sans arrêt, à quand le prochain moment de temps libre pour l’ouvrir, s’y plonger…

J’aimerais bien développer plus cet article mais aujourd’hui c’est mardi c’est Kinotag (cf art. CinemaxX), et je vais voir le dernier Cronenberg ! J’espère juste qu’il est aussi bien que le précédent, qui m’avait é-pous-tou-flée.





CinemaxX am Potsdamer Platz

24 01 2008

Quelques particularités d’Outre-Rhin dans la pratique de l’”aller au ciné”.

CinemaxX

Une fois par semaine, le cinéma coûte moins cher : lors du Kinotag (“jour du cinéma”). Il change un peu selon les salles, mais en général c’est le mardi. Le mardi est moins cher, mais les séances du jeudi (!) au dimanche sont surtaxées. Chapitre tarifs, d’autres surprises sont à la clé : le bonus à payer pour les films dépassant la durée réglementaire ou encore légère variation selon le fauteuil attribué. Les sièges en haut de salle coûtent ainsi plus cher. Le présupposé est bien que le spectateur est placé : le ticket comporte rangée et numéro de fauteuil. Visiblement les gens mettaient un point d’honneur à respecter les coordonnées qu’on leur proposaient. Alors que le milieu et le haut de la salle sont restés relativement peu remplis, les rangées inférieures étaient beaucoup plus peuplées. Curieusement c’est à la Bibliothèque Sainte-Geneviève que j’ai alors pensée ; je me suis sentie bien loin de ses numéros de place dont personne ne tenait compte…

Moment de surprise aussi lorsque Dmitrij et moi avons constaté qu’une majorité de spectateurs avaient une boisson dans les mains. Rien de si étonnant que cela en soi. Juste qu’il s’agissait presque uniquement de… bière. Lui comme moi sommes plutôt habitués à voir des Coca et autres Sprite. Si ça c’est pas un cliché beau comme un camion, l’Allemand et sa blonde dans les salles obscures !





I am Legend

24 01 2008

Hier, pour fêter mon dernier exposé du semestre j’ai été au cinéma avec un ami et un ami-d’ami. L’ami en question était Dmitrij, accompagné, excusez du peu, de son seul ami à Berlin qui ne soit pas russe : Stefan (ou Stephan), de Schwerin – comprendre : de l’ex-RDA. Il est parfaitement bilingue allemand-russe. Entre mes deux chevaliers servants, la conversation allait donc bon train, le russe fusant au dessus de ma tête. Immersion plus intensive tu meurs.I am Legend poster

Pas grand-chose à dire du film, j’allais vraiment au ciné pour aller au ciné. Il s’agit d’une adaption du roman du même nom de Richard Matheson : après des manipulations génétiques, l’humanité se retrouve affectée d’une maladie qui les transforme en agressifs mutants buveurs de sang. Dans la ville de New York totalement délaissée et dépeuplée, Will Smith se retrouve seul avec son chien à lutter contre les monstres.

Grosse production, effets aux mécaniques bien huilées, réalisation plutôt soignée, le film vaut surtout pour ses vues impressionnantes de la métropole à l’abandon, peu à peu envahie par la nature. Sinon, en tant que demoiselle facilement impressionnable, j’ai fait des bonds dans mon fauteuil à chaque apparition d’un vampire-zombie. Mes voisins n’ont pas manqué de se moquer abondamment !





Le Jour de l’éclipse (Дни Затмения), A. Sokurov, 1988

17 01 2008

Malheureusement, je n’ai trouvé qu’une version sous-titrée en espagnol de ce qui ressemble à une bande-annonce. Ce billet sera bref ; le film ne se prête pas au dépliage, à à l’explication ou la glose ; une expérience avant tout, d’un Ailleurs radical, d’un temps profondément Autre ; un entre-monde, étrange et pénétrant.

Le film suit la silhouette sculpturale d’un jeune médecin russe, Dmitryj Malyanov, en mission dans une province reculée de l’Asie centrale, aux confins d’une URSS agonisante. Une histoire, une action ? Il n’y en a pas.

Une succession de moments, de cellules plus ou moins emboîtées ; violence sous-jacente, omniprésente, qui se manifeste parfois compulsivement par une visite au médecin, par une chasse à l’homme, par la présence policière ; la relation de Dmitryj et d’un autre étranger, amitié, amour, ou juste la souffrance commune – la sympathie ; le passge d’un ange, moment d’une intensité troublante, bouleversante.

Images fascinantes d’un monde hanté par la mort, images couleur sépia d’une lune oubliée et malade.

La bande-son, épaisseur supplémentaire, pleine d’interférences, de courbes irrégulières. Le trailer récupéré sur YouTube le laisse d’ailleurs bien entendre (surtout dans sa dernière partie).

L’impossibilité de créer, d’écrire. De vivre.

Un film sur l’exil, alors ?

(j’essaie de dire et le film se dérobe, glisse sous mes doigts, sans offrir de prise à un discours, quel qu’il soit)





Las Vegas Parano – Fear and Loathing in Las Vegas

29 12 2007

Deux points très marquants dans ce film : performance des acteurs et travail de l’ensemblier sur les décors et les accessoires. Numéros de haute-voltige pour Johnny Depp et son ami de bonne et mauvaise fortune, défoncés tous les deux du début à la fin du film, voix, mouvements corporels généraux et jeu fin sur les paupières ou encore les mains présentent deux prestations très impressionnantes.
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